La vie d'artiste awd
1913-1983
"Je vais fuir à Cannes ou Nice, soit dans une maison de retraite,
soit chez un gros marchand de tableaux." C'est en fait l'hôpital de
Grasse qui sera le dernier refuge de Fontenay de Saint- Affrique.
Vingt-cinq ans plus tard, le restaurateur de la rue d'Orsel se rappelle son ultime départ - Salut Carlos ! Salut l'artiste ! - en dépliant l'acte de décès du peintre, soigneusement serré entre le châssis et la toile d'une de ses œuvres, qu'il contemple, une fois encore, les yeux humides. Quelques tableaux chez Carlos, une palette et une simple ligne dans le livre de cotes de la peinture sont les seuls indices d'une œuvre pourtant abondante réalisée entre 1938 et 1980 sous les pseudonymes successifs de Arold Frime, Fontenay et Fontenay de Saint-Affrique. Cet autodidacte est de ces peintres " saltimbanques " dont l'histoire conserve, au mieux, le souvenir de quelques pirouettes. Son art s'est nourri d'une mythologie montmartroise qu'il perpétue à la lumière de Maurice Utrillo avec qui il partage mysticisme et goût des cartes postales, qu'il copie comme d'autres copient les anciens au Louvre. La peinture était toute sa vie, un sacerdoce, disait-il. Il était profondément persuadé qu'une secrète destinée l'avait précipité à Montmartre, parmi les peintres, et acceptait les affres et la rudesse de sa condition de bohème avec philosophie. " Peux-tu me dépanner de vingt mille francs anciens. Dans ma vieillesse j'aurais bien l'occasion de te faire un ou plusieurs tableaux car après ma mort cela vaudra cher, très cher... " Montmartre, ce Minotaure, guettait calmement sa proie. La vie d'artiste
viedartisteawd@gmail.com |
|||